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 Exemple de rp n° 1

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Lié(e) à : Abigaïl + Aliéna

MessageSujet: Exemple de rp n° 1   Ven 27 Nov 2009 - 0:09

Exemple 1, Cathy 0'Connor
"Chut... Ecoute"


"Je veux être sure de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite – ou mourir " Antigone, Anouilh

Enfant, j'avais pour habitude de me lever en même temps que le jour. Je ne me souviens pas de grand chose, mais je me rappelle de ça. Au Mexique, il n'y a pas de fraîcheur, pas de discrétion, tout est souvent éclatant et on ne connaît pas beaucoup le froid. C'est jaune, bleu, parfois vert, blanc poussiéreux, pas souvent beau mais toujours illuminé. Le levé du jour, c'est le seul moment où on peut apercevoir un peu de subtilité. Tout est gris, rien n'est encore réveillé, le peintre a trop dilué sa gouache et il faut le temps qu'il l'améliore. Qu'il comprenne qu'on ne dilue pas la gouache, tout simplement. A moins d'être déprimé. Une personne déprimée dilue tout, elle atténue le jaune le bleu et le vert pour reposer ses yeux, elle met de la poussière sur le blanc parce que c'est insupportable, tout ce blanc. Je le sais, il m'arrive de le faire.
Si je me levais tôt, ce n'était pas par esprit poétique. Juste de l'arrogance. On pense toujours que les enfants sont innocents, qu'ils ne connaissent ni l'ambition ni le vice, et qu'ils disent la vérité par ignorance. Alors qu'un gamin, c'est fier et ça parade, on trouve ça amusant juste parce ça semble exagéré. Les enfants ont cette chance de ne pas être crédibles, de ne pas être pris au sérieux quand ils exigent le monde à leurs pieds. Moi je voulais me réveiller avant le soleil pour le narguer, je lui lançais des cailloux pour le faire fuir. Je regardais mon village endormi du haut d'un immeuble délabré et je jubilais d'être maître de mon entourage. A cinq ans, point sur les hanches, je méprisais les plus grands vendeurs de mort que la terre ait cru bon de voir naître.

Cathy resserre son mince chandail autour de ses épaules, savoure en silence la fraîcheur qui mord ses bras dénudés. Depuis son arrivée, elle n'a cessé de mourir de chaud, elle oubliait comme il peut être bon de frissonner, de se réveiller à la faveur d’une bise légère.
Le soleil se lève à peine, les allées qu'elle traverse sont paisiblement endormies, grises comme elle les a toujours aimées. D'ici une heure, tout sera jaune, vert, bleu, ça ressemblera à une carte postale bruyante. Pour l’instant, c’est un monde qui dort, un jardin qui ne s’inquiète pas des Hommes. Elle le surprend, le réveille avant l’heure et elle sourit de son insouciance. Ses pieds nus foulent pourtant les dalles sans grand bruit, mais dame nature n’apprécie pas que les effluves qu’elle dégage perturbent ses parfums fleuris . Elle se campe au sommet de sa grandeur, la toise avec mépris. Simple mirage d’un réveil trop récent, la jeune femme croit un instant voir les fleurs somptueuses se tourner vers elle. Elles la menacent, Cathy sourit avec indulgence. Non, non. Je ne suis pas plus forte que grand monde ici, mais je suis sûrement plus forte que vous. Et c’est comme ça que ça marche après tout, n’est-ce pas? Elle lève deux iris clairs vers le gris du ciel et inspire un vent exempt de toute impureté urbaine. Depuis quelques jours, elle n’a cessé de remettre en cause l’entreprise à laquelle elle ouvrait pourtant les bras. En cet instant, alors que tout le monde est mort et qu’elle reste seule au monde, elle ne regrette rien. Elle ne s’était pas sentie si calme depuis des mois. Les autres, les ordres, les maîtres et les services ne sont que des dommages collatéraux. Elle n’est pas heureuse, mais ne perd plus espoir de l’être un jour.
Elle va bien.

Au détour d’un sentier, elle aperçoit une silhouette désagréablement familière. Deux bras, deux jambes, un nez, une bouche, c’est un humain qui s’affère à quelques mètres d’elle. Un soupire bref s’échappe de ses lèvres. Il est bien beau de rêver qu’on est seule au monde, mais ce genre d’extravagance se brise bien vite ma pauvre. Elle hésite, prend finalement la direction de l’ombre insolite avec bravoure. Rester seule n’est pas bon, ne vouer que de l’indifférence qu monde qui l’entoure n’est pas bon, s’enfermer dans l’art de l’irréel n’est pas bon. Pourquoi n’y crois je pas, même après tout ce temps passé à me le répéter? Pourquoi ai-je tant l’impression que toi et ton ombre ne m’apporteront jamais rien?
Elle s’attendait à un élu, préparait déjà son masque de circonstances, c’est l’esquisse d’un jardinier qui se dessine devant elle. Emporté dans sa tâche, il noie un pot de fleurs à peine écloses de toute la tendresse du monde, son visage oriental concentré comme un peintre sur son œuvre. Il ne semble pas l’avoir remarquée, elle interrompt sa marche pour observer un instant son dos voûté vers ses précieuses plantes. Il ne faut sans doute jamais dire jamais, cette humain là l’intrigue et la fait sourire. Elle le trouve beau ce vieil homme, plongé dans l’attention qu’il porte à ses trésors. Lui non plus ne se soucie pas des Hommes, et dame nature semble lui faire un accueil princier. Elle prend un autre chemin, le contourne largement pour atteindre un point de vue acceptable. Après quelques secondes de marche, elle peut enfin s’asseoir sur les dalles, empoigner ses propres trésors. Un calepin, un crayon gagnés à la force de courbettes et autres bonnes conduites, pour les deux heures de ballade matinale que son élu a permis. Elle griffonne longuement les courbes grises de ce jardinier d’un monde gris, sourit avec plénitude de sa propre évasion. « Enfin mon bras m’est rendu en entier ». Son sourire s’étire, elle rit du pathétique de sa situation. Que tu es tombée bas…

C’est l’ombre grisâtre cachant soudain sa lumière pâle qui l’arrache à son œuvre, après quelques secondes, quelques minutes ou peut être des heures. Le jardinier est là, penché au dessus d’elle, il se tord le cou pour voir ce qu’elle dessine. Elle sent le feu lui envahir les joues, essaye maladroitement de cacher sa faute, balbutie quelques mots incompréhensibles de maladresse. Lui éclate d’un rire qu’elle pourrait presque penser moqueur. Confuse, quelque peu hébétée, elle fuit son regard comme celui des autres, laisse le sien errer à une vitesse folle sur les alentours, faut de savoir où le poser. Un petit manège qu’il se fait un malin plaisir de laisser perdurer, tranchant simplement le silence de son rire rauque et vieilli. Ce n’est qu’après de longues secondes qu’il consent à lui tendre la main pour qu’elle se relève, à plonger ses iris de jais dans le bleu de ses yeux pour lui faire comprendre que tant de manières ne sont pas utiles. Il a le visage creusé, les rides qui dessinent le coin de ses tempes lui donne un air perpétuellement amusé, que son sourire amplifie encore d’avantage. Qu’il est beau. Et ce sourire si contagieux qui incite bientôt Cathy à rire avec lui, d’un rire qu’elle n’avait pas entendu depuis son arrivée. Ce n’est qu’un faible échos de ce qu’il a pu être, mais le soulagement est immense.
Sans plus de familiarité, et parce qu’il ne parle sûrement pas sa langue, il saisit sa main et l’entraîne avec lui devant sa propre création.

Elle se retrouve bientôt à effectuer les gestes qu’il soignait tant avant de la voir, guidée par cet étrange homme qui a visiblement décidé de prendre assistante pour la matinée. Mains dans la terre, elle arrache les petites pousses qui polluent la beauté des fleurs, examine méticuleusement les feuilles. Ils ne parlent pas, ils ne pourraient pas. Mais tant de choses passent qu’elle se surprend à laisser étirer sur ses lèvres un sourire béat de fascination. Le travail de la terre, voilà un métier qu’elle aurait adoré. Il est joueur, il empoigne son calepin et son crayon pour la dessiner à l’œuvre, en quelques coups de griffes. Il la fait rire quand il montre ce qui ressemble à un gribouillage d’enfant, elle prie pour ne pas être aussi mauvaise en jardinage qu’il ne l’est en croquis.
Est-ce que tu te rends compte que malgré la barrière de langue, je n’ai jamais tant communiqué depuis que je suis ici? Comment fais tu pour ne pas être comme eux? Tu crois que je suis comme eux?
Le sourire de Cathy s’estompe, celui de son compagnon se fait indulgent. Il pose une main rugueuse et couverte de rides sur son épaule, lui tend ses accessoires et s’en retourne à sa tâche. Quelque peu confuse, elle le remercie d’une toute petite voix, s’engage à nouveau vers sa promenade interrompue. Une soudaine envie de pleurer lui prend a gorge, elle marche un peu plus vite. C’est stupide… Trop d’émotion tout à coup, je préférais quand j’étais morte. Trop fragile la petite, trop maladroite la jeune pousse. Elle se sent perdue.

Elle avise ce qu’elle croit être la pavillon de l’est d’après ses souvenirs de recherche sur la Chine et ses monuments, parcourt les quelques marches qui la séparent du bâtiment. Sans rien d’autre à l’esprit qu’une amertume futile, elle contourne les murs géométriques, s’assoit enfin derrière la bâtisse, à même le sol, pour rechercher une respiration qui ne soit pas obstruée de sanglots contenus. Qu’elle se sent seule. Ce petit jardinier qui a trouvé sa raison de vivre, de ne rien regretter, vient de lui asséner un coup en pleine poitrine. Quelles fleurs te reste t’il à cultiver Cathy? Que peux tu encore espérer savoir ne pas regretter?
Je vais bien. Je ne regrette rien.
Qu’aurais tu dit en me voyant m’occuper de plantes Jeff? Tu aurais ri, probablement. Tu te serais moqué de moi avec tendresse.
C’est injuste. Pour toi c’est facile, tu es parti. C’est toujours plus dur pour celui qui reste. Je parie que tu te moques là où tu es. Tu dois bien rire. Quelles fleurs m’as-tu laissées qui ne m’aient encore écorchée les mains?
Elle dépoussière ses mains et essuie la larme qui perle au coin de son œil. Ce n’est pas le moment, et ce ne le sera jamais.
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